31.10.2005
Trop naïf

Bonjour,
Il y a un peu plus d'un an, j'ai découvert par hasard en lisant le journal régional "Toutes les nouvelles" que nous n'avions plus de médecin de garde à Senlisse, la nuit et les WE, ou plus exactement que le médecin de garde était... le 15, comme d'ailleurs dans bien des coins de France. J'ai voulu en savoir plus et j'ai cherché (sur Internet, bien sûr) ce qui s'était passé car je croyais béatement, c'est à dire comme un bienheureux, que la permanence des soins constituait encore pour le corps médical une obligation déontologique. Erreur, car en fait, j'avais raté plusieurs épisodes.
L'affaire avait commencé avec la longue grève des gardes des médecins généralistes durant l'hiver 2002 et finalement leur victoire puisqu'ils obtenaient la revalorisation du prix de la consultation (si longtemps bloquée, il est vrai). Durant cette bataille, ils avaient aussi clairement affiché leur "ras-le-bol d'être corvéables jour et nuit... alors que d'autres étaient aux 35 heures". Une telle grève était-elle légale et surtout normale ? Chacun peut en juger différemment et à notre époque, chacun défend ses intérêts comme il peut. Passons donc sur cette grève.
Après cet épisode qui était intervenu peu de temps avant les élections présidentielles, différentes réactions se faisaient entendre. Les médecins urgentistes avec son très médiatique Président P. Peloux, ainsi que les Ministres de la santé J.F. Mattéi et Douste-Blazy reprochaient ainsi aux médecins libéraux leur insuffisante participation aux gardes de nuit et de WE, ces derniers refusant de reprendre le chemin des gardes sans contrepartie financière. Et là encore, ils allaient gagner puisqu'ils obtenaient en septembre 2003 que leur participation à ces gardes soit davantage rétribuée, et point capital, ne relève plus de l'obligation déontologique mais du VOLONTARIAT, l'Etat conservant tout de même, en dernier recours... un droit de réquisition.
Pour en arriver là, les syndicats de médecins libéraux avaient prétendu qu'il suffirait d'augmenter le tarif des gardes et des astreintes pour trouver des volontaires. Quelle belle image de la profession ! Le gouvernement leur accordait alors cet avantage mais, comme par hasard, les gardes n'étaient pas pour autant assurées partout, loin de là. Et pendant ce temps, les urgences dans les hôpitaux continuaient à être saturées.
J'en reviens à Senlisse. Malgré le nombre important de médecins libéraux dans la région, le volontariat n'a pas permis de mettre sur pied un véritable service de garde la nuit et les WE. Prétendre le contraire, ainsi que le fait mon médecin traitant, me paraît tout à fait hypocrite et inexact, pour les raisons suivantes :
- le 15, c'est le SAMU,
- la maison médicale de Saint Rémy n'est ouverte que le dimanhe matin et l'on ne peut s'y rendre qu'après avoir été "orienté" par le 15 (le corps médical exige que les frais de fonctionnement de ces maisons soient pris en charge par les régions ou les communes),
-enfin, SOS Médecins ne vient pas dans notre région (sans doute pas assez rentable car trop rural).
Certes, les médecins de famille ont droit, comme tout le monde, à une vie de famille mais finalement, la médecine fonctione désormais et à tous les niveaux sur des critères de rentabilité et bien entendu, on est loin de l'intérêt des malades.
Je croyais, depuis tout petit, qu'être médecin ce n'était pas un travail comme les autres, qu'il fallait aimer son prochain, que c'était presque un sacerdoce... Je suis bien naîf.
A bientôt.
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